Sur la route de la Caravane des dix mots Languedoc Roussillon 2016

Natis, jeune chanteur et musicien, se consacre depuis des années à la chanson française et porte un intérêt tout particulier à l’écriture.  Lors de la Journée d’ouverture à Carcassonne, il nous a interprété sa chanson « Le débit des mots » : 

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Marion Mouret, conteuse folkloriste, s’est inspirée du conte de Charles Perrault « Le Petit Poucet » pour nous offrir l’histoire du « Petit Fada », intégrant les dix mots de la Caravane 2016.

Le Petit Fada

Il était une fois, un bois. Dans ce bois une clairière. Dans cette clairière une maison. Dans cette maison vivait Chafoin. C’était le nom qu’on lui donnait dans tout le comté, car il se déplaçait aussi silencieusement qu’un chat, il avait les yeux et le nez d’une fouine.

Dans cette cabane vivaient Chafouin, Chafouine son épouse et leurs 7 garçons. Le premier était rouquin comme sa mère. Le dernier, tous ses frères l’appelaient Le Fada, car il n’était pas comme eux. Ils le trouvaient bizarre…. c’était un petit peu le fou… le fada de la famille.
Sous ce toit régnait en maître Mère Misère.
Un soir, Chafouin et Chafouine étaient assis devant une petite ristrette, un café fort pour se donner courage. Ils croyaient leurs fils endormis :« Je ne supporte plus de voir les yeux affamés de nos garçons. Je ne supporte plus d’entendre le gargouillis de leurs ventres crier famine. Demain nous irons les perdre dans la forêt noire et profonde. Là-bas, peut-être, une fée leur viendra en aide. »
Tristement ils sont allés se coucher. Mais ce qu’ils ne savaient pas, c’est que sous la table, le petit dernier, Le Fada, avait tout entendu.
Tout doucement sans bruit, il est sorti ;  à la rivière, il a pêché, fait cuire et mangé une magnifique truite. Il réfléchissait aussi aux paroles malheureuses de ses parents. Repus, il a nettoyé tout autour de lui. Il a jeté à la rivière les bouts de bois, les pierres noircis par le feu. Sur le chemin du retour, les petits cailloux blancs brillaient à la lune. Prestement, il les enfouissait dans sa poche.
Le lendemain matin ses frères l’ont réveillé. « Dépêche-toi de te lever, on va dans la forêt faire des fagots, Père nous a dit que nous pourrons les vendre au marché, et garder l’argent pour nous. Allé ! Dépêche-toi ! Viens ! »
Sur le chemin, Le Petit Fada laissait des marques sur son passage avec les petits cailloux blanc. Au fond de la forêt profonde et noir, les petits ont fait leurs fagots. C’était à celui qui ferait la plus beau. Ils ne pensaient qu’à ça, à la vente au marché, l’argent gagné. Ils étaient tellement absorbés par leurs pensées, qu’ils n’ont pas vu Chafouin et Chafouine s’en aller sans bruit, les laissant là seuls.
Quand ils sont arrivés chez eux, Chafouin et Chafouine ont eu la surprise de voir Monsieur Dépanneur qui venait payer Chafouin de la livraison du bois qu’il avait faîte à l’administration depuis fort longtemps. Chafouine est allée au marché, elle a acheté trois fois plus de nourriture qu’il n’en fallait pour deux. Devant la table bien garnie, et bien repus, Chafouin et Chafouine se lamentaient. Mais pourquoi avons-nous abandonné nos enfants…  ? Comme ils nous manquent ! Les enfants, derrière la porte, entendaient les lamentations de leurs parents. Ils se sont précipités dans leurs bras. Ce n’était que bousculades, chacun voulant raconter leur aventure à sa façon. Ce n’était que rires, joie, chants, danses. Tant qu’il y a eu de l’argent…
Mais… Mère Misère n’était pas loin, elle est revenue régner sur cette maisonnée.
Un soir,  assis devant une ristrette, les lamentations ont repris : « Je ne supporte plus de voir les yeux affamés de nos garçons. Je ne supporte plus d’entendre le gargouillis de leurs ventres affamés. Demain nous irons les perdre dans la forêt noire et profonde. Là-bas, peut-être qu’une fée leur viendra en aide. »
Ils sont allés se coucher, sans se douter que le Petit Fada sous la table avait tout entendu.
Tout doucement il est allé à la porte pour aller ramasser des petits cailloux blancs… Mais elle était fermée à clé. Impossible de sortir.  Le lendemain matin ses frères sont venus le réveiller. « Dépêche-toi de te lever, on va dans la forêt faire des fagots pour les vendre au marché ».
Avant de partir, Chafouine leur a donné un gros morceau de pain pour la journée.
Chemin faisant, le Petit Fada laissait des miettes de son pain comme points de repères, à la place des cailloux blanc qu’il n’avait pas pu ramasser la veille au soir.
Il faisait mauvais temps..  Au fond de la forêt profonde et noir, les garçons ont fait leurs fagots. Tout d’un coup il s’est mis à tomber une de ces drache, tant et tant qu’on ne voyait pas les bouts de ses doigts en tendant la main. Ça tombait dur comme le poing de la main. Tout était détrempé. Chafouin et Chafouine ont abandonné pour une seconde fois leurs enfants, dans la forêt noire et profonde. Rien ne répondait à leurs appels. Les bouts de pain étaient mêlés à la boue, plus de repère. Ils étaient perdus.
Le Petit Fada est monté en haut d’un arbre pour voir au loin. « Tu es complètement Fada ! Descend tu vas te rompre le cou ! » Depuis le sommet de l’arbre, il a vu une faible lumerotte au loin. Il a conduit ses frères jusqu’à cette faible lumière. C’était une maison. Ils ont frappé à la porte. La Vigousse est apparue. Ses amis l’appelaient ainsi car elle était si vigoureuse pour faire son ménage, qu’elle n’avait pas besoin de tous les produits ménagers qui polluent la planète. Une vraie tornade. « Mais que faites-vous là les enfants, vous êtes à la maison de l’Ogre, il va arriver tantôt et vous dévorera. ».
« On préfère être dévorés par l’Ogre qu’être ensevelis sous cette drache. Nous avons froid, faim, laissez-nous entrer. » Vigousse les installe devant un feu de cheminée avec un petit vin champagné pour les réchauffer. Pendant qu’ils boivent à petites gorgées, au loin un bruit le bruit effroyable du tap-tap taxi de l’ogre se fait entendre, se rapproche, s’arrête devant la maison.
« Ciel mon mari ! Vite, allez vous cacher ». Les 7 garçons se précipitent dans la chambre des filles de l’Ogre,se cache dans leur lit.
A peine la porte ouverte, l’ogre s’écrie en reniflant fortement : « Humm ! Ça sent la chair fraîche ici ! »
« Tu te trompes, ce sont les 7 sangliers qui j’ai mis à la broche tantôt pour ton repas ».
« Non, non, te dis-je ça sent la chair fraîche, je vais dire bonsoir à mes petites princesses, nous verrons cela plus tard. »
Quand il arrive dans la chambre de ses filles horreur ! La première chose qu’il voit ce sont des garçons dans le lit de ses filles. L’ogre entre dans une colère noir. Il se précipite à la cuisine. Le Petit Fada l’entend aiguiser son grand poignard. Vite ! il échange les couronnes des Petites Ogresses, contre les bonnets de frigiens de ses frères. Il souffle la bougie. Dans le noir,  L’Ogre arrive. Il attrape la première tête pour égorger un petit chafouin. Sous ses doigts il sent une couronne. Il repose la tête, va de l’autre côté du lit, égorge toutes les têtes qui portent des bonnets de frigiens. Il va se coucher.  Il rêve au bon petit déjeuner qui l’attend demain matin.
Alors que l’Ogre ronfle allègrement,  Le Petit Fada emmène ses frères dans le Tap-Tap taxi et tous s’enfuient chez le roi. Avec le taxi Tap-Tap le Petit Fada fait fortune. Le roi lui donne la charge d’être la liaison entre lui et son armée. Mais là où il gagne le plus, c’est quand il emmène les amants se cacher derrière la poudrerie.

La Médiathèque André Malraux de Sète nous propose quelques images de l’atelier d’écriture « du rythme & les mots », animé par Anthony Greco, ainsi que du spectacle autour de la tradition poétique sicilienne

https://youtu.be/MZskl66DPk8

L’association Léo Lagrange de Béziers propose son spectacle de marionnettes, porteur d’un message d’amour et d’espoir, intitulé « Tous ensemble ». Il aura lieu  le jeudi 28 janvier 2016 de 18h à 20 h à la Cimade, 14 rue de la Rotonde à Béziers. Venez nombreux !

affiche

Programme 1

Programme 2

Programme 3

Programme 4


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